Étudier l'informatique en Bourgogne : le guide complet des écoles et formations
Par Kwame Yamgnane, directeur pédagogique de Colint School
Vous voulez travailler dans l’informatique et vous cherchez où vous former en Bourgogne ? L’offre est plus riche qu’on ne le croit : lycées avec BTS, IUT, université, écoles d’ingénieurs, écoles privées… Mais elle est aussi difficile à lire. Public ou privé, diplôme d’État ou titre RNCP, initial ou alternance : ces différences changent tout pour votre parcours, votre budget et votre insertion.
Je travaille depuis plus de 25 ans sur une seule question : comment forme-t-on de bons développeurs ? J’ai participé à la création d’Epitech, puis cofondé l’École 42 avec Xavier Niel, et ensuite Qwasar, dans la Silicon Valley, qui forme aujourd’hui des apprenants dans le monde entier. Installé en Bourgogne, à quelques kilomètres de Chalon-sur-Saône, je dirige désormais la pédagogie de Colint School.
Ce guide n’est pas un classement. C’est la façon dont je lirais le paysage régional si j’étais à votre place, ou à celle de vos parents.
Avant de choisir : trois questions à vous poser
1. Quel diplôme vise-t-on, et qui le reconnaît ? Un diplôme national (BTS, BUT, licence, diplôme d’ingénieur habilité CTI) est délivré ou contrôlé par l’État. Un titre RNCP est une certification professionnelle enregistrée par France Compétences, reconnue par l’État et par les employeurs. Une formation sans l’un ou l’autre n’a pas cette reconnaissance : vérifiez toujours sur francecompetences.fr.
2. Comment apprend-on ? Cours magistraux et examens, ou projets concrets et évaluation par les pairs ? Les deux fonctionnent, mais pas pour les mêmes profils.
3. Qui paie, et quand travaille-t-on en entreprise ? En alternance, la formation est financée par l’entreprise et l’OPCO, et l’étudiant est salarié. Le moment où l’alternance devient possible (dès la 1re année, en 2e, en 3e) varie beaucoup d’une formation à l’autre.
Les formations publiques en Bourgogne
C’est la voie la plus connue, avec des frais d’inscription faibles et des diplômes nationaux. La plupart des candidatures passent par Parcoursup.
Au lycée : le point de départ
Avant les études supérieures, deux chemins mènent naturellement à l’informatique : le bac général avec la spécialité NSI (numérique et sciences informatiques) et le bac professionnel CIEL (cybersécurité, informatique et réseaux, électronique). Aucun n’est obligatoire : beaucoup d’excellents développeurs arrivent d’autres filières. La motivation et la logique comptent plus que la série.
Les BTS (Bac+2)
Le BTS SIO (services informatiques aux organisations) est le BTS informatique de référence, avec deux options : SLAM (développement d’applications) et SISR (infrastructures, systèmes et réseaux). À Chalon-sur-Saône, le lycée Mathias le propose sous statut scolaire ou en apprentissage. On le trouve aussi dans plusieurs lycées de Dijon.
Le BTS CIEL (cybersécurité, informatique et réseaux, électronique) se développe également dans la région.
Les BUT (Bac+3)
Les IUT proposent des bachelors universitaires de technologie en trois ans, avec stages et parfois alternance :
- BUT Informatique à l’IUT de Dijon (parcours réalisation d’applications) ;
- BUT Métiers du multimédia et de l’internet (MMI) à Dijon, avec un parcours développement web ;
- BUT Réseaux et télécommunications, parcours cybersécurité, à Auxerre ;
- BUT GEII (génie électrique et informatique industrielle) à l’IUT du Creusot, pour ceux qui aiment l’informatique embarquée.
La licence et le master universitaire
L’Université Bourgogne Europe (ex-université de Bourgogne) propose une licence d’informatique à Dijon, qui peut se prolonger en master. C’est la voie la plus théorique, idéale si vous aimez les mathématiques et l’algorithmique, ou si vous visez la recherche.
Les écoles d’ingénieurs publiques
- ESIREM à Dijon, école d’ingénieurs de l’université, avec une filière informatique et électronique (diplôme habilité CTI) ;
- ITII Bourgogne, qui propose des formations d’ingénieurs par apprentissage en partenariat avec l’université.
L’accès se fait après le bac (prépa intégrée) ou après un bac+2.
Les limites du système public (une analyse honnête)
Avoir suivi le secteur de la formation en informatique pendant 25 ans, je dois être honnête sur certaines limites du système public. Ce ne sont pas des failles, juste des choix pédagogiques différents — qui ne conviennent pas à tous.
Accès limité à l’alternance dès la première année
L’alternance reste largement réservée aux formations de niveau bac+2 et au-delà dans le public. Pour beaucoup d’étudiants qui apprennent mieux en alternant théorie et pratique, c’est attendre 2 ou 3 ans après le bac avant de pouvoir se former comme salarié.
Pédagogie moins flexible
Le système public repose très largement sur les cours magistraux. Si cette approche n’a pas convenu à un étudiant au lycée, il y a peu de raison qu’elle convienne soudain dans l’enseignement supérieur. Or, tous les cerveaux n’apprennent pas en écoutant un professeur. Certains ont besoin de faire, de projets concrets, de tâtonnement — et le système public offre peu de place à cela.
Temps d’attente avant l’expérience professionnelle
Même avec les meilleurs prérequis, attendre 4 ou 5 ans (licence + master, ou BTS + licence) avant d’avoir une première vraie expérience en entreprise, c’est beaucoup. L’alternance dès la deuxième année change la donne.
Manque de suivi personnalisé
J’ai vu beaucoup d’étudiants brillants totalement perdus dans les grandes organisations, où l’humain est moins mis en avant que dans des structures à taille plus humaine. Un groupe de 50 étudiants avec un professeur qui en voit 200 par semaine, c’est très différent d’une pédagogie qui place le suivi individuel au cœur du modèle.
Aucune de ces limites n’est une fatalité. Beaucoup d’étudiants réussissent très bien dans le système public. C’est juste que d’autres profils ont besoin d’une approche différente. Si vous vous reconnaissez dans ces critiques, une école à pédagogie par projet, en alternance, avec un suivi renforcé, pourrait être plus adaptée.
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Les écoles privées en Bourgogne
Les écoles privées ont souvent des frais de scolarité plus élevés, mais une grande partie d’entre elles fonctionne en alternance : la formation est alors financée par l’entreprise, et l’étudiant est rémunéré. Leur force est généralement la professionnalisation. Leur point de vigilance, c’est la reconnaissance du diplôme. C’est pourquoi je les distingue en deux groupes.
Ce qu’il faut vérifier : RNCP et Qualiopi
- Le titre RNCP garantit que la certification est reconnue par l’État, avec un niveau officiel (niveau 6 = Bac+3, niveau 7 = Bac+5). Chaque titre a une fiche publique sur France Compétences, avec son code RNCP.
- La certification Qualiopi garantit la qualité des processus de l’organisme de formation. Elle est obligatoire pour bénéficier de fonds publics ou mutualisés, donc pour l’alternance financée par les OPCO et le CPF.
Une école sans titre RNCP ni Qualiopi peut être sympathique, mais son « diplôme » n’aura pas de valeur officielle, et l’alternance y sera difficile à financer.
Les écoles privées qui délivrent des titres reconnus
- Colint School, à Chalon-sur-Saône : Bachelor (programmation, marketing et communication digitale) et Mastère (data & IA, cybersécurité), titres RNCP de niveaux 6 et 7, certification Qualiopi, alternance pour 100 % des étudiants en 3e année et en Mastère.
- CESI, campus de Dijon (Quetigny) : bachelors, mastères et cycle ingénieur informatique (habilité CTI), largement en alternance.
- Coda, campus de Dijon : bachelors et Master of Science en développement, systèmes et réseaux, cybersécurité, titres RNCP de niveaux 6 et 7.
- cs2i Bourgogne, à Nevers : école supérieure d’informatique gérée par la CCI de la Nièvre, du Bac+2 au Bac+5.
- ESEO, campus de Dijon : école d’ingénieurs privée généraliste (électronique, informatique, numérique), qui ouvre aussi des formations post-bac en alternance.
Les formations sans titre reconnu
Bootcamps courts, formations en ligne ou écoles récentes : certaines sont de bonne qualité, mais sans RNCP ni Qualiopi, elles ne délivrent pas de diplôme reconnu et ne permettent pas, en général, un financement par l’alternance. Elles peuvent compléter un parcours, rarement le remplacer.
Comment choisir selon votre profil
| Votre profil | Les options les plus adaptées |
|---|---|
| Vous aimez les maths et la théorie, vous visez la recherche | Licence puis master à l’Université Bourgogne Europe, école d’ingénieurs (ESIREM, ESEO) |
| Vous voulez un diplôme national court et professionnalisant | BTS SIO ou CIEL, BUT Informatique ou Réseaux & Télécoms |
| Vous voulez un diplôme d’ingénieur en alternance | CESI, ITII Bourgogne |
| Vous apprenez mieux en faisant, sur des projets concrets, en autonomie | Écoles à pédagogie par projet comme Colint School |
| Vous voulez être salarié et financé le plus tôt possible | Formations en alternance dès la 1re ou la 2e année (BTS en apprentissage, CESI, Colint en 2e année) |
| Vous voulez rester près de Chalon, Beaune ou Mâcon | Lycée Mathias (BTS SIO), Colint School à Chalon ; les formations de Dijon restent accessibles en TER |
Aucune de ces voies n’est « meilleure » dans l’absolu. La bonne école est celle dont la pédagogie correspond à votre façon d’apprendre.
La pédagogie de Colint School : d’où elle vient
Soyons transparents : je dirige la pédagogie de Colint, je ne suis donc pas neutre. Voici simplement ce qui la rend différente, et d’où ça vient.
Un héritage : Epitech, 42, Qwasar
À Epitech, puis à 42, nous avons construit une idée simple : on apprend à programmer en programmant. Pas de cours magistraux, mais des projets, de plus en plus ambitieux, évalués par les pairs. Cette pédagogie a formé des dizaines de milliers de développeurs à travers le monde, et le modèle de 42 a été repris dans de nombreux pays.
Avec Qwasar, nous avons porté cette approche dans la Silicon Valley et à l’international.
Colint School utilise la plateforme et le système pédagogique Qwasar. Concrètement, nos étudiants :
- travaillent sur des projets réels dès la première année, et construisent un portfolio ;
- apprennent avec les standards de programmation de Silicon Valley, sur une plateforme utilisée par des apprenants du monde entier ;
- sont accompagnés par des coachs, des professionnels qui guident vers l’autonomie plutôt que de dicter des réponses ;
- passent en alternance progressivement : 1re année en formation initiale pour poser les fondations, alternance possible dès la 2e année, et 100 % en alternance en 3e année et en Mastère.
Une école à taille humaine, à Chalon-sur-Saône
Colint est installée au 54 rue d’Autun, à Chalon-sur-Saône, au cœur de la Bourgogne. Chalon est desservie par le TER depuis Dijon, Beaune et Mâcon, ce qui permet à beaucoup d’étudiants de rester près de chez eux. Les entreprises du Grand Chalon et de Saône-et-Loire accueillent nos alternants, et nos étudiants y trouvent un vrai tremplin vers l’emploi local.
Questions fréquentes
Quelle est la meilleure école d’informatique en Bourgogne ?
Il n’y en a pas une seule. Si vous visez la recherche ou un diplôme d’ingénieur, l’université et les écoles d’ingénieurs (ESIREM, ESEO, CESI) sont des choix solides. Si vous apprenez mieux par la pratique et voulez être en entreprise rapidement, une école à pédagogie par projet en alternance, comme Colint School, sera plus adaptée.
Peut-on étudier l’informatique en Bourgogne sans aller à Dijon ?
Oui. À Chalon-sur-Saône, le lycée Mathias propose un BTS SIO et Colint School des Bachelors et Mastères. Auxerre, Nevers et Le Creusot proposent aussi des formations en informatique.
Une école privée d’informatique, c’est cher ?
Ça dépend du mode de formation. En alternance, la formation est prise en charge par l’entreprise et l’OPCO, et l’étudiant est rémunéré. À Colint School, c’est le cas de la totalité des étudiants de 3e année et de Mastère.
Comment vérifier qu’une école délivre un diplôme reconnu ?
Cherchez le code RNCP de la formation sur le site de France Compétences, et vérifiez que l’organisme est certifié Qualiopi. Pour les diplômes d’ingénieurs, vérifiez l’habilitation par la CTI.
Faut-il un bac scientifique pour étudier l’informatique ?
Non. La spécialité NSI ou un bac pro CIEL aident, mais la motivation, la logique et la persévérance comptent davantage. Chez Colint School, l’admission repose avant tout sur la motivation et la capacité à apprendre.
Pour aller plus loin
Le meilleur moyen de choisir, c’est de venir voir. Visitez les écoles, parlez aux étudiants, demandez à voir leurs projets. Et si vous voulez découvrir la pédagogie par projet, venez nous rencontrer lors d’une journée portes ouvertes ou découvrez nos formations.
Kwame Yamgnane, directeur pédagogique de Colint School, a participé à la création d’Epitech et cofondé l’École 42 et Qwasar.
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